Lohengrin à l’opéra de Paris, Bastille le 8 février 2017

Christian LALAURIE

En Janvier, c’était une affiche prestigieuse, et un retour de Ténor attendu…

En février un plateau vocal sans Jonas Kaufmann, Evelyn Herlitzius, René Pape, mais avec Stuart Skelton, Michaela Schuster, Rafal Siwek.

Depuis que les Jeux du Cirque sont abolis, et remplacés par le Mariage et l’Opéra, je ne vais pas siffler les faiblesses du ténor, qui ne me siffle pas quand je siffle sous ma douche. Cela a le mérite d’exister, et de proposer le même Opéra à des dates et des prix différents.

Le binôme (bi-femme ?) Elsa (Martina Serafin) Ortrud (Michaela Schuster) dominent  ce plateau, en noir et blanc. Les Chœurs et l’Orchestres de Philippe Jordan remplissent joyeusement ce grand espace de Bastille. Les Trompettes placées dans les étages du décor, visent le parterre où l’on profite pour une fois des effets sonores mieux qu’au balcon.

J’ai fait le voyage pour Richard, Sainte Cécile, et pour Claus Guth  dont j’avais aimé le Vaisseau Fantôme à Bayreuth et le Cosi fan Tutte en DVD.

Il nous présente un enfermement des personnages, un Lohengrin égaré dans une guerre qu’il n’a pas voulu du genre « retenez moi ou je vais délivrer Elsa ! ».

On voit Lohengrin épuisé et désenchanté devant tous ces impossibles.

 

Acte I

Passent le cercueil du Père, et un Petit Frère disparu à moitié Cygne…

Dieu, fais moi signe, mais rien ne vient… Elsa attend « auprès de son Arbre »…

De temps en temps, il pleut des plumes.

Enfin nous voyons ce Chevalier rêvé et idéalisé, couché en chien de fusil, ou en position fœtale : est ce lui le Chevalier attendu, ou le fœtus du Petit Prince disparu ?

Il y a le vieux Chêne de la Justice, survivant de cette loyauté Féodale dans un monde qui change, et que le pouvoir voudrait continuer à contrôler, avec unification, et guerre préventive.

Sur scène deux enfants omniprésents, en Cygne, en Petit Frère, en Elsa enfant.

Il y a ce Piano sur lequel Elsa enfant rêve et apprend d’une Ortrud Marâtre (Cosima ?)

 

Acte II

Quant Ortrud vient distiller le doute, Elsa enfant, en blanc, seule au piano, harcelée par le couple noir de pédophiles autoritaires et comploteurs.

Elsa, grande, se cache derrière ce piano noir et menaçant car silencieux.

 

Acte III

Des roseaux, des baïonnettes, de l’eau (baptême ? noyade ?)

Enfin ce piano est couché par terre !

On va pouvoir apprendre d’autres formes musicales…

Pourquoi pas L’Œuvre d’Art Totale et les Leitmotive ?

LE DÉSIR REND PAUVRE

ET LA LUCIDITÉ REND MÉLANCOLIQUE.

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