Archives de catégorie : Représentations

Tristan et Isolde à Montpellier

On doit à Valérie Chevalier,

Directrice de l’Opéra de Montpellier

d’avoir relevé le défi de monter

Tristan und Isolde

en version concert

au Corum.

Le dimanche 20 janvier   7 adhérents du Cercle Richard Wagner de Toulouse Occitanie assistaient à la représentation.Karen Cargill, à gauche , Brangaene,    Katherine Broederick , à droite, Isolde

Katherine Broederick dont la prise de rôle d’Isolde  a permis de découvrir une Isolde à la puissance et présence scénique admirables, une voix magnifique de clarté et de souplesse. Des adhérents toulousains se souviennent de l’avoir entendue et remarquée dans le Ring de Karlsruhe au printemps 2018 dans le rôle de Sieglinde.

Stefan Vinke,Tristan(photo Marc Ginot)

Stefan Vinke, heldentenor, trouvera sa plénitude au 3ème acte, après s’être économisé un peu lors des deux premiers.

Stephen Milling, le roi Marke

Stephen Milling est un roi Mark à la voix très chaude et pleine de nuances, très émouvant.

Pour les autres rôles, le Kurwenal de Jochen Kupfer en impose à tous et la Brangäne de Karen Cargill, malgré un timbre magnifique nous gêne u n peu avec ses émissions nasales : son appel, au deuxième acte manque de souffle et de volume, sans doute parce qu’elle est placée en retrait dans une encadrure de porte.

Mention très bien pour l’orchestre de Montpellier Occitanie qui joue avec une ferveur et une expressivité remarquables sous la baguette de Michael Schoenwandt.

Echos du Festspielhaus de Bayreuth 2018 : Lohengrin

En cette année 2018, trois de nos adhérents, Christian et Liliane Lalaurie, adhérents depuis la création du Cercle, il y a 25 ans, et Flavio Bandin, l’un des administrateurs de notre Cercle, se sont rendus à Bayreuth et nous font part de leur impression sur deux des opéras donnés cette année au Festival de Bayreuth.

Voici celle de Christian Lalaurie pour Lohengrin

Lohengrin – 6 août 2018

T’as voulu voir Alagna,

Et on a vu Beczala (c’est mieux !!! ??? !!!)

T’as voulu voir Chéreau,

Et on a vu Sharon (pas Ariel, mais Yuval)

T’as voulu voir Netrebko,

Et on est venu trop tôt…

 

Ne voulant pas écouter le chant des sirènes démolissant cette nouvelle production, certains ne l’ayant pas vue, rien de tel que d’aller voir et écouter de plus près. Merci à notre Cercle.

Après un voyage automobile « chaleureux », nous avons traversé le Rhin, non sans avoir oublié de jeter une petite pièce d’Or aux Ondines. Nous en avons été remerciés par un Lohengrin intéressant.

Prélude : Rideau fermé, pas de remplissage scénique, donc pas de brame du public.       Que l’Abîme Mystique en soit remercié.

Acte I : Bleu

Nous sommes dans un monde bleu. Ce n’est pas du bleu Bob Wilson, ni du bleu Klein. Ni du Wieland. C’est une ambiance froide, orageuse, dans un monde en panne d’énergie, qui attend quelque chose.

Le Pouvoir, c’est l’énergie et le contrôle des données.

Il y a une ambiance de peinture flamande, avec des gens habillés à l’ancienne, avec des fraises défraichies. Chéreau avait bien adapté « L’ile des Morts » de Böklin. En voyant sur scène un transformateur avec paratonnerre, isolateurs, fils électriques, on s’attend à de la musique de Kraftwerk, mais on entend du Richard Wagner. Le Peuple et la Noblesse attendent une « étincelle », une nouvelle «énergie », un gouvernement, un ennemi commun, un Homme providentiel. N’a pas Jeanne d’Arc qui veut. La foudre ne viendra pas de Wotan, ni de Montsalvat.

Elsa arrive attachée. On n’en est pas encore à la présomption d’innocence. On lui prépare son bûcher avec de fagots de bois (car la chaise électrique est en panne). Ceux qui ont le pouvoir ont des ailes d’éphémères, comme le pouvoir qu’ils détiennent. Lohengrin arrive avec un Cygne stylisé par un vaisseau spatial avant-gardiste,et un éclair à la main, annonçant l’énergie nouvelle qu’il peut apporter.   Pourquoi pas ? certains ont vu le Diable ou des Ovnis.

 

 

 

 

 

 

 

L’affrontement Lohengrin Telramund se fait dans les airs, comme des insectes. Telramund perd son duel, et une de ses ailes, donc son pouvoir et son honneur. Cette aile est épinglée au mur des lamentations, comme un insecte rare. Lohengrin triomphe. On lui offre ses ailes de la victoire. Le Peuple et la Noblesse se réjouissent de cette énergie retrouvée, et piaffent d’impatience : « du pain et des jeux », guerriers.

 

 

 Acte 2 : Bleu orageux

Mystère, magie, nuages menaçants. L’ancien monde d’Ortrud est bien rendu. La Fée Electricité se fait attendre. Apparaissent Elsa dans son donjon électrique, Ortrud et des mouvements dans la forêt. Telramund est lié et ficelé par Ortrud et par leurs codes anciens. Le metteur en scène semble aimer le « bondage » sado maso…         Le complot, le doute, l’enthousiasme retrouvé, sont bien portés par la Musique.

La scène se termine par une sorte de transe, comme si le Roi et les Autres avaient mis « les doigts dans la prise ».

Acte 3 : Orange, puis Bleu, puis arrivée du petit homme Vert

La chambre nuptiale dans ce transformateur, est éclatante de lumière orange. Comme «on nous doit plus que la lumière», malgré l’absence de Freia, il y a de la phéromone dans l’air… Mais Elsa, maraboutée par Ortrud, ou par ses hormones de « Fragende Frau » en vient à La Question.

Elle est attachée par Lohengrin avec du câble orange (rime avec bondage…) Ach ! Yuval ! il va falloir en parler …

Le changement d’ambiance est animé par des jeunes enfants qui, essayant d’écouter à la porte de la chambre, tournent le décor du côté orange au côté bleu. Telramund est terrassé par les électrons. Sa deuxième aile est épinglée. Il a maintenant perdu honneur et vie. Ortud est toujours tonique. On lui prépare son bûcher, au cas où. Sur le départ, Lohengrin remet à Elsa une glacière orange contenant un cor, une épée et un anneau. Elle le garde au frais pour une future Tétralogie. Le Peuple et les Autres ont des lampions en forme de lucioles qui s’étiolent, et d’éphémères qui s’éteignent. Tout est « éphémère ».

Pauvres Rois Wagnériens, Heinrich ou Marke, à qui on refuse toujours les réponses !

Soudain, une apparition, qui arrache des sourires au public, d’un « petit homme vert » tenant une patte de Cygne aussi verte que lui. Il n’y a pas plus de « Cetelem » que de beurre au balcon d’Areva ! Surtout pas d’énergie verte.

Il n’y a pas de martiens verts…

Peut-être que ce Petit Prince Gottfried a infusé quelques années dans les algues de l’Escaut.

Personnellement, j’y vois le petit « Ampelman » vert des passages piétons de Berlin Est, autorisant les gens à passer de l’autre côté… de la rue Montsalvat… ou d’ailleurs…

 

La mise en scène n’a pas déclenché de réaction hostile.

Applaudissements fournis pour les Chanteurs, les Chœurs, et l’Orchestre « électrisé » par Christian Thielemann, pour Waltraut Meier, faisant ses adieux à Ortrud, pour le Roi, Georg Zeppenfeld, passant avec facilité des Rats de Neuenfels aux Lucioles de Sharon, à nous de solliciter en conférence le Professeur Henri Laborit, pour Thomas Konieczny, excellent dans le rôle du méchant homme dominé (on imagine Ortrud lui dire, comme Fricka, « va dire à Elsa ce que tu as décidé »…). Anja Harteros est une Elsa bien en phase (alternative ou continue…).

ELSA ! NE POSE PAS DE QUESTION ! TU N’AURAS PAS DE MENSONGE !

Christian Lalaurie

Echos du Festspielhaus de Bayreuth 2018 : le Vaisseau Fantôme

En cette année 2018, trois de nos adhérents, Christian et Liliane Lalaurie, adhérents depuis la création du Cercle, il y a 25 ans, et Flavio Bandin, l’un des administrateurs de notre Cercle, se sont rendus à Bayreuth et nous font part de leur impression sur deux des opéras donnés cette année au Festival de Bayreuth.

Voici celle de Flavio Bandin pour le Vaisseau Fantôme.

Der Fliegender Holländer – 7 août 2018

Se déplacer à Bayreuth, monter la colline verte, est un rituel non exempt d’une touche de magie. L’on se prépare, l’on se recueille, l’on attend. Comme dans un pèlerinage, l’on attend la rédemption par la musique.

Tout y a été conçu pour l’épanouissement de la musique, que pour la musique. On est mal assis, on a chaud mais l’on ne s’aperçoit pas tant que l’alchimie fonctionne.

Répondant à l’appel du cygne, je me suis rendu à Bayreuth cet été. N’étant pas arrivé à l’état d’ivresse qui vous fait plonger au plus profond de vous-même, je suis revenu au Festspielhaus m’embarquer dans un vaisseau au milieu de la tourmente. Dans une chaleur accablante, malgré une profusion des ventilateurs, le vaisseau n’a jamais pris le large et j’ai fini par avoir très mal au dos.

Immense consolation, la qualité de l’orchestre, sous la baguette d’Axel Kober, des chœurs éblouissants dirigés par Eberhard Friedrich et un plateau vocal homogène dont excellent John Lundgren dans le rôle du Hollandais, Ricarda Merbeth dans celui d’une Senta défiante, révoltée et Peter Rose qui joue un Daland cupide et sombre à la fois

Bien que les sujets de l’errance, le désespoir, la cupidité et enfin la fidélité soient traités, la représentation visuelle ne correspond pas avec le récit.

Peter Rose, Rainer Trost, John Lundgren

Le Hollandais apparait comme un riche capitaliste prisonnier dans un monde aseptisé, géométrique, surveillé. Blasé, anesthésié, égocentré, sans amour, il écoute et suit les chants de sirènes des hallucinogènes pour s’évader. Des compteurs marquent le temps qui passe, les vies sacrifiés ? Un compte à rebours dont l’argent ne peut rien. Il porte une valise pleine, un boulet l’empêchant toute rédemption.

Sa blessure devient fêlure par laquelle un personnage rusé, ambitieux, sans scrupules tel Daland pourra y rentrer pour arriver à ses fins. En difficulté financière, l’affaire de Daland, une usine fabriquant des ventilateurs est en danger.

Ricarda Merbeth, John Lundgren

Christa Mayer

Dans cette modernité qui tue le mythe, dénature la légende, à quoi sert-il de continuer à utiliser la femme comme monnaie de change ? Les temps sont révolus et Senta s’insurge, se révolte puis le mystère, la fêlure de cet homme la séduisent. L’amour nait, les choses tournent trop vite, plus vite que prévu. Tout bascule et comme un prélude de l’anéantissement qui nait des situations impossibles (récurrent chez Wagner) le suicide s’impose.

Dans une société qui tire profit de toute situation, la construction d’une légende comme c’est ici le cas, donnera naissance à des figurines des amants suicidés. Les fileuses d’hier sont devenues les ouvrières qui empaquètent dans les usines d’aujourd’hui. L’affaire de Daland est bien florissante, le capital sauvé. L’on ne peut pas arrêter le progrès.

Flavio Bandin

 

Lohengrin, Opéra de Marseille, 2 mai 2018

  Par les temps qui courent nous sommes en droit d’attendre qu’une maison d’Opéra nous présente des œuvres respectant quelques vérités fondamentales telles que  le respect de la conception que l’artiste a imaginé de sa création, la lisibilité de la narration, l’exécution instrumentale et vocale de niveau, des initiatives sur les plans scéniques et décoratifs qui éclairent l’œuvre de perspectives sous-jacentes mais non dévoilées jusqu’alors. Continuer la lecture de Lohengrin, Opéra de Marseille, 2 mai 2018

Tannhäuser à l’Opéra de Monte-Carlo

Quelques impressions au sujet de « Tannhäuser » par Flavio Bandin

Ce 25 février tant attendu pour plusieurs raisons était enfin arrivé! J’allais voir ce « Tannhäuser » que j’affectionne particulièrement depuis mon enfance ! Mon père nous racontait une histoire, un opéra, et son récit clair et cette musique m’avaient séduit immédiatement. Continuer la lecture de Tannhäuser à l’Opéra de Monte-Carlo