Archives de catégorie : Chroniques

Le Congrès International des Cercles Richard Wagner à Innsbruck

 

Du 21 au 24 juin 2018, s’est tenu à Innsbruck le Congrès Annuel International des Cercles Richard Wagner.
Trois membres du bureau du Cercle Richard Wagner de Toulouse,  Annie Lasbistes, Présidente, Anne Elizabeth Agrech, Vice présidente et Trésorière Cristiane Blemont, chargée des relations avec le Capitole ainsi qu’ une adhérente  Anne Laure Ghedin ont participé à ce congrès . Continuer la lecture de Le Congrès International des Cercles Richard Wagner à Innsbruck

Christian Thielemann,

Kapellmeister

Par deux fois le cycle complet de la Tétralogie a été donné au Semperoper de Dresde entre le 13 janvier et le 04 février 2018. Christian Thielemann dirigeait la Staatskapelle dont il est le chef d’orchestre en titre depuis 2012. La mise en scène était celle de Willy Dicker une reprise de  2001-2003 au même Semperoper. Elle se caractérise par une originalité qui ne pouvait que plaire à Christian Thielemann, du moment que ce qui se donnait à voir, malgré de constantes surprises, maintenait à tout moment le lien avec le récit wagnérien. Et davantage, renchérissait sur les détails rendus perceptibles par l’orchestre en introduisant des jeux de scène éclairant la dramaturgie. Continuer la lecture de Christian Thielemann,

Helen Traubel

  Madame Louise Meyerson Vetta-Karst était une personne très jolie à la constitution osseuse délicate, aux grands yeux bleus verts,  aux lourds cheveux auburn rassemblés au somment de la tête,  à la peau de crème pure, aux noirs sourcils en points d’exclamation. Elle avait un caractère particulièrement dominateur. Par-dessus tout elle aimait chanter et tout de suite après, elle aimait entendre chanter Helen Traubel. Lulu, comme ses amis l’appelaient, avait été très  proche, dans ses jeunes années, de  Chouteau, un chasseur de fourrures et un des premiers  pionniers du poste de commerce de Saint  Louis, Missouri. Très jeune aussi elle avait voyagé en Europe et vécu là-bas pour un temps. Puis elle revint et se maria avec le consul de France de Saint Louis. Six ou sept années plus tard elle divorça, revint en France et entra à la Sorbonne pour étudier la musique durant dix-sept ans. Elle avait tout appris dans ce domaine. Et elle était absolument déterminée à transmettre tout son savoir aux générations futures. Helen Traubel fut l’élue choisie pour recevoir cet héritage. Continuer la lecture de Helen Traubel

Réflexion à propos des Maitres Chanteurs de Nuremberg-Bayreuth 2017

A propos des Maitres Chanteurs de Nuremberg au festival de Bayreuth 2017

Une nouvelle production des Maîtres Chanteurs a vu le jour au festival de Bayreuth de 2017, avec une mise en scène de Barrie Kosky dont le trait majeur était une constante allusion à l’antisémitisme de Wagner, et qui a récolté un franc succès de salle. A la suite de la lecture du Blog du Wanderer j’ai voulu exprimer ma sidération à la lecture d’une telle critique. J’y ai vu, avant tout, le fait de cautionner une grande vulgarité reflétant un trait inconscient et majeur de l’époque. Vous trouverez les deux textes ci-joints, la critique du Wanderer et la lecture que j’en fais. J’attends surtout que l’on me démontre en quoi je n’ai pas raison de m’indigner, en quoi consiste la légitimité de la démarche de Kosky.

Michel Olivié Continuer la lecture de Réflexion à propos des Maitres Chanteurs de Nuremberg-Bayreuth 2017

Ferveur

 

Je n’aurais pas néanmoins l’idée d’une substance infinie, moi qui suis un être fini, si elle n’avait été mise en moi par quelque substance qui fût véritablement infinie .   Descartes

 

Au début du mois de septembre 1974, John Coast, l’agent artistique de Jon Vickers attendait la confirmation du Royal Opera House (Covent Garden) concernant la prévision d’un Tannhäuser pour le chanteur. L’opéra avait établi un contrat en janvier 1975 avec  Zubin Mehta dans cette perspective. En décembre 1974, le Royal Opéra House faisait parvenir à Coast les dates de répétition, prévues à partir du 7 février 1977. John Tooley l’administrateur  général du ROH, fut  alarmé d’apprendre que Jon Vickers,  de son côté, avait passé un  contrat pour huit représentation de Tannhäuser ainsi que cinq Peter Grimes au Metropolitan de New York pour la saison 1977-78, pour un cachet de cinq mille dollars par représentation.

Jon  Vickers et Roberta Knie – Walkyrie- San Francisco 1976

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Uranus et la Terre

Irène Theorin est née en Suède à Gislaved. Bien qu’ayant toujours aimé la musique, elle a commencé tard sa carrière, après son troisième enfant. Très tôt elle a été mère : « je suis devenue une mère presque comme une adolescente».

Elle a exercé bien d’autres activités avant de se consacrer au chant. Ce n’est qu’à la chorale de l’université qu’elle a pris conscience de ses possibilités vocales. Elle rejoignit alors l’Opéra Studio de Copenhague. Elle ne le quittera qu’en 2014, y ayant acquis une solide formation vocale. Ses premiers rôles au sein de cette compagnie furent Freia, Donna Anna, Pamina, une des dames de La flûte enchantée. En parallèle elle fut l’élève de Geoffrey Parsons, avec lequel elle travailla longtemps le Lied.

Irene Theorin entourée par quatre membres du Cercle Richard Wagner de Toulouse à Barcelone :                           de gauche  à droite  Anne-Elizabeth Agrech, Annie Lasbistes, Cristiane Blemont et Anne-Marie Boubenes

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Un bel anniversaire,

9-10-11 février 2018

Lorsqu’il y a plus d’un an, le bureau du Cercle Richard Wagner de Toulouse, emmené par sa présidente Annie Lasbistes, décida de célébrer (avec un mois d’avance !) les 25 ans de la création de l’association à l’occasion des représentations de la Walkyrie au Théâtre du Capitole de Toulouse, en février, le pari était osé, surtout en programmant une visite pédestre de lieux emblématiques toulousains de près de deux heures dans les petites rues de Toulouse et une escapade dans la Montagne Noire. Mais le Ciel a été clément pour les nombreux wagnériens qui ont bravé le froid et les tempêtes de neige à Paris, en Saxe, en Bavière, à Vienne ou en Suisse : les trois journées consacrées à célébrer cet anniversaire, ont été couronnées de succès.

Toulouse sous la neige le 8 février 2018

photos  C. Sabatier – Office de tourisme de Toulouse

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Antihéros

Les premières notes de violon du sublime prélude de Lohengrin s’élèvent, sur un écran, un rat rose dessiné et animé apparaît, puis d’autres, blancs, et encore d’autres, puis une rate blanche qui poursuit le premier rat. Nous sommes dans un dessin animé, mais ces rats rappellent la bande dessinée Maus, Un survivant raconte d’Art Spiegelman, récit de la détention à Auschwitz du père de l’auteur et bande dessinée dans laquelle les juifs détenus dans le camp sont des souris et les nazis des chats. Un peu avant le tutti de l’ouverture la scène s’ouvre sur une immense salle glaçante, aseptisée, noire et blanche, au fond de laquelle Klaus Florian Vogt pantalon noir chemise blanche pousse avec peine un grand panneau blanc. A l’apparition du thème de la séparation une porte s’ouvre enfin, dans le panneau, et Vogt la franchit. Continuer la lecture de Antihéros

La solitude de Sieglinde

La correspondance entre ce que la réalité nous présente et ce que notre imagination voudrait, atteste de notre propension à un idéal éthique et esthétique. C’est une fonction principale de l’art que de métamorphoser la laideur du réel en émerveillement. Traverser l’existence avec ces ponts constants entre l’expérience du réel et l’activité de l’imaginaire ou bien l’inverse, est comme une vocation, et rend disponible à l’appel que les choses nous adressent. Aussi, la photographie du visage de Léonie Rysanek qui illustre la page française de Wikipédia nous transporte irrésistiblement à l’évocation de Sieglinde. Le regard est extraordinaire. Une limpidité divine est immédiatement frappante, toute la pureté d’une âme affleure, l’attestation de toute la justification à exister soi est hautement affirmée. De l’ensemble de l’expression émane une extraordinaire intelligence, à la fois concentration de l’esprit, énergie indomptable, légère tristesse aussi, et presque un éclat de rire prêt à jaillir à la face du monde. Le visage réel de Léonie Rysanek, arrêté à tout jamais dans son éternelle jeunesse, comme un visage glorieux et ressuscité, concrétise l’idéal de notre imaginaire lorsqu’il se porte sur l’image de Sieglinde. Continuer la lecture de La solitude de Sieglinde